La montagne en pente douce... à partager Quitter le blog

L’acrophobe

Lundi, 25 juin, 2018 écrit par Christophe

L’acrophobe

Les professionnels du vide ne s’étonnent plus de rencontrer autant de personnes débutantes déclarant souffrir du vertige. Cette pathologie qui touche l’oreille interne et vient perturber l’équilibre, est injustement confondue avec la peur du vide appelée aussi acrophobie.

Je me suis aperçu, après un test de ces mêmes personnes sur un rocher facile de quelques mètres, la majorité (écrasante) des volontaires, constatent que leur vertige n’est en fait qu’une peur très marquée du vide, doublée d’une forte méfiance envers la chaîne d’assurage, assureur compris.

Notre cerveau possède un système de défense très élaboré qui nous permet de garder à distance les situations inconnues ou identifiées comme dangereuses.

Dans ces circonstances, les émotions qui nous gagnent sont tout à fait naturelles, surtout lorsque l’imaginaire fait son job et qu’il vient se nourrir des pires fantasmes. Suivant les personnes, les signes extérieurs peuvent être aussi variés que la crainte, les sueurs, les nausées, les crises de larmes…

Qui peut s’imaginer se retrouver subitement pendu dans le vide à plusieurs dizaines de mètres de hauteur sans paniquer ?

A toutes ces personnes qui ont osé un jour tenter de faire face à ces peurs et ont décidé de maîtriser leurs émotions, vous avez toute mon admiration.

Face à des tâches vertigineuses, telles que les services administratifs, les embouteillages et le bruit des pops corns au cinéma, je repense à vous.

Si vous même ou un proche souffrez de cet état, dites-vous qu’il est possible de retrouver le chemin de la confiance. Vous ne risquerez rien à tenter cette démarche à condition d’être pleinement conscient des étapes à franchir pas à pas.

Si vous ne faites pas appel à un professionnel, voici quelques conseils pratiques pour résoudre votre acrophobie.

Choisissez une personne de confiance autre que la famille proche (j’ai vu des familles manquer de s’étriper au pied des voies). Apprenez à vous encorder avec un noeud de huit puis faites vous assurer dans une voie du type dalle inclinée de faible hauteur. Déterminer des points faciles à atteindre à 2 mètres, à 3 mètres… etc que vous marquerez à la craie pour mesurer vos progrès depuis le sol.

N’oubliez pas que la hauteur ressentie est aussi fonction de sa propre échelle. (Pour un enfant ou une personne de petite taille, un mur de 5 mètres, c’est déjà impressionnant).

Si vous êtes la personne de confiance et que vous assurez au pied de la paroi, évitez les remarques du style « surtout ne regarde pas en bas !  » qui a elles seules justifient les peurs aveugles.

Au contraire, invitez votre compagnon à respirer tranquillement, à prendre ses repères, encouragez le (sans excès) et prouver lui votre confiance indéfectible en maintenant une légère tension sur la corde afin de lui signaler qu’il peut s’asseoir à tout moment dans son baudrier ou revenir sur le plancher des vaches.

Rappelez lui que l’objectif n’est pas de monter en haut de la voie mais de se sentir juste bien.

À la fin de l’exercice, assureur et grimpeur peuvent de remercier et félicitez vous, d’avoir franchi un pas dans l’inconnu. Même s’il est encore trop tôt pour parler de plaisir de grimper, il est indéniable que ça y est, malgré vos peurs, vous êtes rentré dans le jeu de l’escalade !