Evasion himalayenne 2011
Retour du Népal…
et d’un trekking d’automne dans les vallées himalayennes des Annapurna.
3 semaines à patauger dans une nature exceptionnelle, se laver au torrent, sentir le feu de bois, suer ou se cailler, souffler l’altitude et se griser d’un éloignement impensable chez nous.
Côtoyer aussi ces gens simples, pauvres et souriants, la sérénité de leurs âmes mais aussi les vents du Tibet, la rugosité des sentiers à 5000m, toutes ces cimes accessibles à nos seules admirations et la douceur des rizières en vallée.
Voyage vers des pages encore écrites de moyen-âge, tracées de sillons paysans au goût de yack et d’une simplicité délicatement bouddhiste.
Nous avons marché vers ces villages de Nar et Phu qui n’habitent pas vraiment notre monde ; miettes de pierre et de bois blotties au pied des montagnes les plus gigantesques de la planète.
Vivance dérisoire de ces populations qui tricotent encore le moindre de leur existence ; survie innocente devant tant de beauté…
Il ne nous est apparu que le silence pour célébrer cette grandeur fragile ; tant de questions aussi sur le présent intense de ces endroits de nulle part.
Une route est en construction pour rejoindre la »capitale » de la vallée des Annapurnas, MANANG. Quoi penser devant cette obstination à inviter la civilisation dans de tels lieux ? Pugnacité dérisoire face à la résistance démesurée d’une nature qui sans doute jamais ne se laissera dociliser…
Et pourtant, insidieusement, notre abondance infiltre par le plus sucré de ce que nous produisons les envies de facilité de ces êtres aux jambes fatiguées de tant d’isolement.
Marcher là-bas est une jouvence, un miel régénérant pour l’âme et des vitamines à nos corps. Une vraie façon de retrouver un essentiel face à ce qui nous perd ici ; l’humilité de l’herbe patiente, les confidences du vent sauvage, le silence des cailloux et la brillance éloquente de leurs yeux…


En montant au camp de base du Chulu
Porteurs dans la montée au Kang La (5300m)

Descente sur Jommsom, repos face au Daulhagiri.
Lac du Tilicho, le plus haut lac du monde (4950m), au pied de l’Annapurna 1


Petite fille au village de Phu (4150m) heureuse d’un cahier et de son crayon…
Paysanne au village de Nar
