La montagne en pente douce

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La check-list d’une randonnée à la journée

Avatar de Thibault Reynaud

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La question revient à chaque nouvelle saison : « qu’est-ce que je mets vraiment dans mon sac pour une journée ? » Trop de randonneurs débutants partent soit trop chargés, avec du matériel de bivouac qui ne servira jamais, soit trop légers, en pariant sur une météo qui tient toute la journée. Voici ce qui, en quinze ans de sorties, s’est révélé indispensable, ni plus ni moins.

Le sac : ni trop grand, ni trop petit

Pour une journée en montagne, un sac de 30 litres couvre la grande majorité des besoins : de quoi transporter l’eau, le pique-nique, une couche chaude, la trousse de sécurité, sans pour autant s’encombrer d’un volume qui pousse à emporter du superflu. Un sac plus petit force à faire des choix, ce qui n’est pas toujours un mal, mais devient vite limitant dès que la sortie dépasse cinq ou six heures ou que la météo est incertaine.

Le réglage du sac compte autant que sa taille. Un sac mal ajusté, qui ballotte dans le dos ou tire sur les épaules, fatigue bien plus vite qu’un sac plus lourd mais correctement réglé, sangle de hanche serrée pour reporter le poids sur le bassin plutôt que sur les épaules.

Ce qui protège du froid et du vent

Le coupe-vent est sans doute l’élément le plus sous-estimé d’un sac de randonnée. En montagne, le vent tombe souvent d’un coup au passage d’un col ou d’une crête, et fait chuter la température ressentie de plusieurs degrés en quelques minutes, même en plein été. Un coupe-vent léger, compressible dans le fond du sac, évite bien des arrêts prématurés dus au simple inconfort du froid.

À côté, la couverture de survie ne pèse rien et ne prend aucune place, mais elle change tout en cas de blessure, d’attente prolongée en altitude ou de chute de température imprévue. Ce n’est pas un objet réservé aux courses engagées : elle a sa place dans absolument tous les sacs, même pour une sortie familiale d’une demi-journée.

La sécurité, sans excès de matériel

Un sifflet accroché à la bretelle du sac reste le moyen le plus fiable de se signaler en cas de problème, bien plus efficace que la voix dans le vent ou sur un terrain accidenté où le son porte mal. C’est un réflexe simple à prendre, qui ne coûte rien et qui peut faire gagner un temps précieux si un membre du groupe doit être localisé.

La trousse de premiers secours n’a pas besoin d’être volumineuse : quelques pansements, une bande, de quoi désinfecter une plaie et traiter une ampoule suffisent pour l’immense majorité des incidents rencontrés sur un sentier balisé.

L’eau et l’énergie, sans se rater

La gourde reste l’objet qu’on oublie le plus facilement de remplir avant de partir, alors que la déshydratation est l’une des causes les plus fréquentes de coup de fatigue en montagne, bien avant l’épuisement musculaire pur. Comptez au minimum un litre et demi pour une demi-journée d’été, davantage si la chaleur s’annonce forte ou si le parcours ne croise aucun point d’eau fiable.

Pour l’énergie, mieux vaut miser sur des apports réguliers tout au long de la marche que sur un unique gros repas de midi, qui a tendance à couper les jambes plutôt qu’à les relancer.

Les bâtons, utiles plus souvent qu’on ne le croit

Les bâtons télescopiques divisent encore beaucoup de randonneurs, entre ceux qui jurent par eux et ceux qui les trouvent encombrants. Sur un terrain avec du dénivelé, ils soulagent réellement les genoux à la descente et améliorent l’équilibre sur les passages instables ou les traversées de pierriers. Repliés, ils se fixent facilement sur le sac quand le terrain devient plus technique et qu’ils gênent davantage qu’ils n’aident, par exemple sur un passage nécessitant les mains.

Ce qu’on peut laisser à la maison

À l’inverse, certains objets qu’on voit régulièrement dans les sacs de débutants n’ont pas leur place sur une simple journée : une tente ou un duvet complet, un réchaud, une trousse à outils de bivouac. Ce matériel a un sens sur un itinéraire en autonomie de plusieurs jours, pas sur une sortie où l’on redescend le soir même. Le surpoids qu’il génère fatigue inutilement et pousse souvent à raccourcir la sortie prévue.

Une check-list qui s’adapte au terrain

Cette base ne remplace jamais un ajustement selon l’itinéraire du jour : une sortie qui approche un glacier ou un secteur exposé demande une réflexion supplémentaire, tout comme une randonnée en famille où la couche chaude et la trousse de secours comptent double. La Fédération Française de la Randonnée Pédestre publie régulièrement des recommandations de ce type, qui recoupent largement l’expérience du terrain.

Dans le doute sur ce qu’il faut ajouter pour une sortie particulière, mieux vaut se référer à un itinéraire précis du massif et à ses spécificités plutôt qu’à une liste générique : la préparation d’une montée vers un glacier n’a rien à voir avec celle d’une balade en fond de vallée, et le sac qui convient à l’une ne convient pas forcément à l’autre.


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