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Le système des trois couches, en vrai

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La question revient presque à chaque sortie au comptoir du gîte : « j’ai pris une polaire et une veste, ça suffit ? » Le système des trois couches n’est pas une liste de courses, c’est une logique. Chaque couche a un rôle précis, et c’est cette répartition des tâches qui fait la différence entre une randonnée confortable et une randonnée où l’on transpire en montant puis où l’on grelotte à la pause.

La première couche, celle qu’on oublie de bien choisir

Tout commence par la première couche respirante, posée directement sur la peau. Son travail n’est pas de tenir chaud, mais d’évacuer la transpiration vers l’extérieur pour que la peau reste sèche. C’est là que le choix de la matière change tout.

Le mérinos a gagné sa place dans les sacs des randonneurs expérimentés pour de bonnes raisons : il régule la température, ne retient pas les odeurs aussi vite qu’une matière synthétique et reste tiède même légèrement humide. Les fibres synthétiques techniques font aussi très bien le travail, souvent pour moins cher, avec un séchage plus rapide.

Le coton, en revanche, est à bannir de cette couche. Il absorbe la transpiration sans l’évacuer, reste humide contre la peau et perd toute capacité isolante une fois mouillé. Un tee-shirt en coton sous une veste, par grand vent au col, c’est la garantie d’avoir froid dès l’arrêt.

La deuxième couche, celle qui garde la chaleur

Vient ensuite l’isolation, le plus souvent une polaire. Son rôle est de piéger l’air chaud produit par le corps sans bloquer l’évacuation de l’humidité venue de la première couche. Une polaire légère suffit largement à l’effort ; gardez le grammage plus épais pour les pauses, les bivouacs ou les soirées en refuge.

Certains randonneurs remplacent la polaire par une doudoune synthétique fine, plus compressible dans le sac. Les deux options se valent tant que la pièce reste respirante et ne retient pas l’humidité.

La troisième couche, celle qui protège du dehors

La veste imperméable respirante ferme le système. Elle bloque le vent et la pluie tout en laissant, en théorie, la vapeur d’eau s’échapper. En pratique, aucune membrane n’est parfaitement respirante sous un effort soutenu : c’est pour cela que le principe des trois couches insiste sur le retrait et l’ajout, pas sur l’empilement permanent.

Sur les sentiers autour du Vallouise ou de l’Oisans, le temps peut basculer en une demi-heure : soleil franc en fond de vallée, vent frais et nuages qui s’accrochent au col. Une veste rangée dans le rabat du sac, accessible en dix secondes sans tout déballer, évite bien des arrêts qui refroidissent tout le monde.

La vraie règle : ajuster avant de transpirer

L’erreur la plus fréquente n’est pas dans le choix des vêtements mais dans le moment où on les enlève ou on les remet. Il faut retirer une couche avant de sentir la transpiration s’installer, pas après. Sur les premières pentes d’une montée, mieux vaut avoir un peu froid pendant cinq minutes que de partir en nage pour le reste de la journée.

De la même façon, à l’arrivée sur un col ou à une pause prolongée, la couche isolante et la veste doivent ressortir tout de suite, avant que le corps ne se refroidisse. Ce réflexe compte autant que la qualité du matériel, sinon plus.

Adapter le système selon la saison

Le principe des trois couches ne change pas entre l’été et l’hiver, mais l’épaisseur de chaque élément, oui. En plein été, une première couche en mérinos très fin suffit sous un simple coupe-vent, la polaire restant pliée au fond du sac pour les sommets ou les soirées fraîches. En automne et au printemps, quand la météo des Écrins peut passer du grand beau au froid humide en quelques heures, mieux vaut partir avec l’ensemble des trois couches même pour une sortie à la journée.

Un mérinos lavé avec un adoucissant perd une partie de ses propriétés de régulation. Une veste imperméable respirante a aussi besoin, de temps en temps, d’un traitement déperlant pour que l’eau continue à perler à sa surface plutôt que d’imbiber le tissu, ce qui finirait par bloquer sa respirabilité.

Pour composer le reste du sac autour de ce système, la check-list d’une randonnée à la journée détaille ce qu’il faut ajouter en plus des couches vestimentaires. Et pour les sorties en refuge où l’on garde ses couches chaudes le soir, un tour du côté de la réservation d’un refuge aide à anticiper le confort sur place.

Pour approfondir les propriétés de la laine mérinos et son usage en outdoor, l’article Wikipédia consacré au mérinos donne un bon aperçu de la matière. Et pour les conseils d’équipement validés par les clubs de montagne, la Fédération française des clubs alpins et de montagne publie régulièrement des repères utiles avant de partir.


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